Azaadi, la consommation éthique comme objectif et comme mode de vie


Marque de mode éthique depuis 2018, Azaadi propose une ligne de vêtements pour homme et femme ainsi que des bijoux réalisés en Inde. Engagée dans le respect des Droits de l’Homme, l’enseigne confectionne ses pièces dans le respect de l’environnement et de conditions de travail justes. Ce projet de mode durable veut allier la beauté du patrimoine indien à la culture occidentale en créant des vêtements et accessoires originaux et de qualité réalisés selon le savoir-faire artisanal indien.

Adopter une consommation responsable, ce n’est pas seulement un idéal chez Azaadi, c’est aussi une mise en pratique au quotidien. C’est avec transparence que Lisa et Elvira, toutes les deux intégrées à l’équipe d’Azaadi, nous parlent de consommation responsable et de son intégration à leur quotidien.

En quelques mots, pourriez-vous nous dire un peu plus qui vous êtes ?

Lisa : D’origine franco-belge-tunisienne, j’ai 25 ans et suis installée à Lyon depuis toujours. Passionnée par le voyage, les rencontres, les cultures, l’échange et la musique, je suis toujours à la recherche d’aventures et de projets qui ont du sens. Très sensibilisée par la protection de l'environnement et des droits de l’Homme, je me suis rapidement engagée dans le milieu associatif

Titulaire d’un master en Entrepreneuriat et Développement des Entreprises Nouvelles, je me suis finalement lancée dans une aventure un peu folle en créant Azaadi. Ce projet qui a vu le jour en 2018 rassemble trois de mes passions : le voyage, la mode et le partage culturel.  

La petite phrase qui me fait avancer, c’est un proverbe togolais : “Là où le cœur est, les pieds n'hésitent pas à y aller”. 

Elvira : Je suis espagnole et j’ai 23 ans. Installée à Lyon depuis 2018, j’ai toujours très intéressée par les cultures étrangères et les langues, et je suis aujourd’hui diplômée d’un Bac +4 en traduction et interprétation de français et allemand. 

J’ai plutôt un esprit curieux, un peu touche-à-tout, que ça aille de la traduction à la restauration, des travaux manuels à l’organisation d’événements. Si je pouvais avoir trois vies et six bras, je crois que je réaliserais un de mes rêves !

Comme phrase d’inspiration, je reprends les mots d’Antonio Machado : “Caminante no hay camino, se hace camino al andar” (“Voyageur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant”).

Quel a été l'élément déclencheur de votre prise de conscience à propos de l'importance de la consommation responsable ?

Lisa : Depuis 2014, je suis très attentive à ma manière de consommer (recyclage, soutien aux commerces locaux, pas de consommation de viande…). J’ai eu l’opportunité de faire une année d’échange en Inde lors de mes études, et j’ai vraiment réalisé et touché du doigt les impacts terribles de l’industrie du textile tant au niveau humain qu’environnemental. 

Ça a été pour moi l’occasion de prendre conscience que certaines choses sont essentielles pour être heureux, mais d’autres complètement secondaires. Finalement, avec peu, on peut faire beaucoup. J’ai depuis adopté un mode de vie basé sur la simplicité et l’essentiel. Je suis persuadée que chaque geste que l’on pose peut avoir un impact positif, même à petite échelle ! 

Elvira : J’ai depuis toujours été sensibilisée au respect de l'environnement. C’est surtout avec mon arrivée à Lyon et grâce aux rencontres que j’y ai fait que j’ai pris conscience des conséquences de mes habitudes de consommation. J’ai découvert aussi que des alternatives existent. 

J’ai peu à peu commencé à privilégier l’achat de produits auprès de producteurs locaux, à faire plus attention aux produits que j’utilisais (cosmétique, ménage, habillement…). J’ai alors réalisé le pouvoir et la responsabilité des consommateurs et l’impact positif que chacun peut avoir en changeant quelques habitudes.

Quelles sont les habitudes que vous avez le plus rapidement changées dans votre comportement d'achat, ou même dans la vie quotidienne ?

Lisa : J’ai surtout modifié ma consommation agroalimentaire. Je ne vais plus manger dans les fast-food ou les grosses chaînes, et je préfère privilégier l’achat de produits locaux venant de petits producteurs. Je fais également attention à réduire mes déchets.

Elvira : Depuis mon arrivée à Lyon, j’achète 80% de ma nourriture sur le marché auprès de producteurs locaux. Je fais également attention aux produits ménagers que j’utilise : soit ils sont naturels, soit je les fabrique moi-même.

J’ai peu à peu arrêté d’acheter des habits issus de la fast-fashion, et ça fait deux ans que je n’ai plus remis les pieds dans un de ces magasins !

Pour vous, qu'est-ce qui reste encore un frein à la consommation responsable et rend la démarche difficile ?

Lisa et Elvira : On vit dans une société capitaliste habituée à avoir accès à tous types de produit au prix minimum. C’est entré dans les mentalités et les habitudes, et on oublie malheureusement toutes les étapes dans la chaîne de production. Pour n’importe quel produit, on ne s’interroge plus sur son juste prix, on peut si facilement avoir un tee-shirt à moins de 10€ qu’on en profite sans se poser de question. Les prix justes de la mode éthique peuvent donc être un frein pour ceux qui voudraient modifier leurs habitudes de consommation.

Les marques de mode éthiques sont encore jeunes, elles sont apparues il y a peu sur le marché. On se méfie toujours un peu de ce qui est nouveau, et on attend parfois avant de faire le pas que d’autres testent avant nous. 

Pensez-vous qu'il existe justement de plus en plus d'alternatives responsables et écologiques à la surconsommation encore bien trop courante ?

Lisa et Elvira : Bien sûr ! Les gens prennent de plus en plus conscience de l’importance de changer leur mode de consommation. Et on voit de plus en plus de marques qui se lancent pour encourager une consommation plus responsable, les initiatives ne manquent pas.

En revanche, ça favorise aussi l’apparition de marques qui utilisent le greenwashing pour faire partie de la tendance actuelle mais qui ne partagent pas ni ne respectent ces valeurs. Ces grosses entreprises profitent de leurs moyens pour faire de l’ombre aux petites marques qui ont une vraie démarche responsable

Avec Azaadi, vous cherchez à vous engager dans la mode éthique. Quelles sont les valeurs sociales, éthiques ou écologiques qui sont au cœur de cette marque ?

Lisa et Elvira : L’objectif d’Azaadi, c’est de proposer une marque d’habillement qui respecte l’humain et l'environnement. On s'assure que les artisans avec qui on s’associe travaillent dans de bonnes conditions et qu’ils aient un salaire juste. Ce ne sont pas que des intermédiaires, ce sont nos partenaires avec qui on crée des relations fidèles de longue durée. On soigne tous les détails à chaque étape de notre chaîne de production : 

  • On travaille en direct avec tous nos artisans, on les rencontre, on s’assure des conditions de travail.
  • On met en avant nos artisans en ajoutant leurs photos sur les étiquettes.
  • On récupère les chutes de nos tissus pour faire des pochettes afin d’avoir une démarche zéro déchet.
  • On achète de saris de seconde main pour leur donner une seconde vie en top réversible. On achète les saris auprès d’une ONG qui permet de financer les soins gratuits aux personnes atteintes du cancer en Inde.
  • On utilise des sacs en journaux recyclés qu’on achète auprès d’une autre ONG qui lutte contre le mariage infantile. Ils donnent l’accès à l'éducation aux filles et leur proposent des ateliers manuels (comme la fabrication de sacs) qui leur permettent de gagner un peu d’argent pour leur quotidien.
  • On privilégie les tissus teints naturellement afin de réduire notre impact environnemental.

Merci Lisa et Elvira pour vos réponses aussi franches qu’encourageantes dans cette démarche de consommation éco-responsable. Chacun à son échelle peut agir pour améliorer les choses, et ça commence par de petits actes du quotidien qui sont souvent accessibles à tous.



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